Lycéen·nes, vous aviez raison. Sur toute la ligne.

À l’issue d’une mobilisation sans précédent, les pouvoirs publics reconnaissent que les revendications des lycéen·nes étaient non seulement légitimes, mais sous-évaluées au regard des transformations nécessaires.

Après examen, il apparaît en effet que les jeunes réclamaient essentiellement le droit d’apprendre, de vivre, de penser, de circuler librement et de ne pas être frappé·es lorsqu’iels expriment un désaccord.

Ces demandes ayant été jugées pertinentes, leur mise en œuvre est donc immédiate.

Pancarte en carton, avec le dessin d’un pistolet : « La jeunesse vise le bac, la BAC vise la tête »

À la une

Parcoursup définitivement supprimé : personne ne sera plus trié·e à dix-sept ans

Le ministère annonce la fermeture immédiate et sans regret de Parcoursup.

Réforme majeure

Fin des violences policières : les jeunes ne seront plus considéré·es comme une menace

À compter de ce jour, les mobilisations lycéennes ne feront plus l’objet d’une réponse policière.

Sécurité & liberté

Décolonisation des programmes : l’histoire du monde cesse de commencer à Athènes et de se terminer à Versailles

Le ministère annonce une refonte complète des programmes d’histoire, de littérature, de philosophie, de géographie et d’arts.

Programmes

Les établissements scolaires deviennent des espaces autogérés

Les établissements seront désormais administrés collectivement par les élèves, les équipes éducatives, les familles et les personnes participant à leur fonctionnement.

Démocratie

Abolition des notes, des classements et de la compétition scolaire

Le ministère annonce la fin des notes chiffrées, des palmarès, des classements et de toute comparaison systématique des élèves.

Évaluation

Les revendications

Pancarte en carton : « On veut les masters pas les poulets »
« On veut les masters pas les poulets »
Banderole accrochée à une grille : « On bloque tout pcq on a rien »
« On bloque tout pcq on a rien »
Inscription à la craie sur un trottoir : « Les gens avec les genZ »
« Les gens avec les genZ »
Pancarte en carton : « On veut le bac pas la BAC »
« On veut le bac pas la BAC »
Pancarte en carton : « Et tu tapes tapes c’est ta façon de régner »
« Et tu tapes tapes c’est ta façon de régner »
Pancarte en carton : « Système ACABlant »
« Système ACABlant »
Pancarte en carton : « Bouffez ma chatte pas leur avenir »
« Bouffez ma chatte pas leur avenir »

L’Éducation nationale et vous

Le calendrier scolaire : les journées comptent désormais vingt-quatre heures pour tout le monde

Les rythmes scolaires seront élaborés en fonction des besoins réels des enfants et des adolescent·es, et non des impératifs de productivité.

Bourses scolaires : l’argent cesse de déterminer les possibilités d’existence

Les bourses sont remplacées par un droit universel aux conditions matérielles nécessaires pour apprendre et vivre dignement.

La lutte contre le harcèlement : la solidarité remplace la loi du plus fort

Chaque établissement mettra en place des espaces de parole, de prévention, d’écoute et de résolution collective des conflits.

Le bac et l’orientation : il n’existe plus de voies de garage

Les filières hiérarchisées et les mécanismes d’orientation subie sont supprimés.

Santé et bien-être : vivre n’est plus une performance

Chaque lieu d’apprentissage disposera des moyens humains et matériels nécessaires à la santé physique et psychique de toustes.

Handicap et accessibilité : le monde s’adapte enfin à ses habitant·es

L’accessibilité universelle devient un principe d’organisation des espaces, des transports, de l’éducation et de la vie collective.

Accompagner son enfant dans sa scolarité

Les familles n’auront plus à travailler gratuitement pour l’Éducation nationale

Le temps consacré à l’éducation, aux soins et à l’accompagnement des enfants sera partagé collectivement.

Personnels de l’Éducation nationale

Les décisions concernant les conditions de travail seront prises directement par les équipes concernées.

Les assemblées pourront mandater des personnes chargées de missions précises, limitées dans le temps et révocables à tout moment.

Les syndicats, collectifs et organisations de travail participeront librement à l’élaboration des décisions.

Le ministère reconnaît que consulter les personnels après avoir décidé à leur place constituait une interprétation particulièrement imaginative du dialogue social.

Les interminables réunions de concertation sans conséquence sont supprimées.

La santé devient un bien commun garanti à toutes les personnes vivant sur le territoire, indépendamment de leur situation administrative ou professionnelle.

L’accès aux soins ne dépendra plus d’un contrat, d’une complémentaire, d’un statut ou d’une capacité à avancer de l’argent.

Les établissements de santé seront gérés démocratiquement par les équipes soignantes et les communautés concernées.

Les entreprises spécialisées dans le calcul des taux de remboursement seront invitées à contribuer à la fabrication de matériel médical.

Les écarts de revenus et de patrimoine seront progressivement abolis par la mise en commun des ressources essentielles et une redistribution décidée démocratiquement.

Les activités socialement nécessaires seront organisées collectivement, réparties équitablement et exercées dans des conditions librement discutées.

L’entretien des lieux, les soins, l’alimentation, l’éducation et les tâches pénibles feront l’objet d’une responsabilité partagée.

Le temps libéré permettra à chacun·e de créer, apprendre, se reposer, aimer, jardiner ou contempler le plafond.

Le ministère rappelle que la contemplation du plafond ne saurait constituer un motif de sanction.

Le portail I-Prof sera remplacé par un espace de partage des compétences, des envies, des savoirs et des projets.

Les personnels pourront enseigner, chercher, créer, cultiver, se former, voyager ou se consacrer à d’autres activités au cours de leur vie.

La notion de carrière ascendante sera abandonnée.

Il ne sera plus nécessaire de gravir une échelle pour mener une existence satisfaisante.

Les échelles récupérées serviront à cueillir des fruits.

Le rôle des équipes éducatives consistera à accompagner les apprentissages, partager leurs connaissances, encourager la curiosité et rendre possibles les expérimentations collectives.

Les rapports pédagogiques seront fondés sur la confiance, le respect mutuel et la liberté intellectuelle.

La transmission des savoirs ne supposera aucune hiérarchie entre la dignité des personnes.

Les tableaux de performance, évaluations managériales, classements d’établissements et indicateurs de productivité scolaire seront supprimés.

Le ministère annonce que les cabinets de conseil privés ne seront plus chargés d’expliquer aux équipes pédagogiques comment enseigner à partir de présentations PowerPoint.

Les personnes pourront choisir librement leur lieu de vie et leurs activités.

Les changements de région, de commune ou de pays ne seront plus soumis à des mécanismes de sélection fondés sur l’ancienneté, la situation familiale ou l’intérêt supposé de l’administration.

Les systèmes de mobilité seront fondés sur la coopération, l’entraide et la répartition solidaire des ressources.

Le ministère reconnaît que vivre à proximité des personnes que l’on aime constitue un projet parfaitement recevable.

Toutes les personnes pourront accéder librement à la formation, à la recherche et à la création tout au long de leur vie.

Les pédagogies libertaires, les pensées féministes, antiracistes, anticoloniales, écologistes et les traditions d’émancipation collective seront étudiées et discutées.

L’enseignement encouragera le doute, la contradiction, la remise en question des autorités et l’expérimentation.

Il sera désormais possible de contester le contenu d’un cours sans recevoir une observation pour insolence.

Le ministère rappelle qu’une société véritablement démocratique doit accepter que ses habitant·es pensent autrement que ses institutions.

Des expériences qui forment

L’art et la culture deviennent des activités centrales de la vie

Les musées, cinémas, théâtres, bibliothèques, archives et lieux de création seront accessibles gratuitement.

Le sport : les corps n’auront plus à être rentables

Les activités physiques et sportives seront accessibles à toutes les personnes, quel que soit leur âge, leur morphologie ou leurs capacités.

Erasmus Days : la libre circulation devient universelle

Le droit de circuler, de s’installer, d’apprendre et de travailler librement sera reconnu à toutes les personnes, sans distinction de nationalité ou d’origine.

La Fête de la science : les scientifiques libéré·es de la recherche de financements

La recherche scientifique devient un bien commun mondial.

Transition écologique : la planète n’aura plus à produire des bénéfices

Les ressources naturelles essentielles sont placées sous protection collective.

L’École de demain, dès aujourd’hui

Les bibliothèques remplacent les centres commerciaux comme lieux privilégiés de sociabilité

Chaque quartier et chaque village disposera d’une bibliothèque, d’une maison des savoirs et d’espaces ouverts de rencontre et de création.

Les assemblées citoyennes remplacent la verticalité du pouvoir

Les décisions collectives seront désormais prises au plus près des personnes concernées, dans des assemblées locales librement fédérées.

Une réforme majeure : le droit au bonheur n’est plus réservé aux vacances

Le Gouvernement reconnaît que la vie quotidienne ne devrait pas être organisée autour de l’attente du vendredi soir, des congés annuels ou de la retraite.

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Les établissements

Les établissements sont désormais des maisons communes ouvertes aux habitant·es.

Leur fonctionnement repose sur des assemblées autogérées.

Le ministère

Le ministère a engagé sa procédure d’autodissolution.

Ses bâtiments seront progressivement transformés en bibliothèques, logements, ateliers collectifs, lieux d’accueil et jardins publics.

Le médiateur

Les différends seront traités par des personnes choisies collectivement, formées à l’écoute et à la résolution non violente des conflits.

Le délégué à la protection des données

Les données personnelles ne pourront plus être vendues, exploitées à des fins commerciales ou utilisées pour surveiller les populations.

Les plateformes numériques essentielles seront administrées démocratiquement.

Les académies

Les académies laisseront place à des fédérations de lieux d’apprentissage librement associés, qui mutualiseront leurs ressources et leur expertise.

Scolarité, diplômes, examens, orientation

Une équipe est disponible pour répondre à vos questions.

Aucun classement, aucune sanction, aucune justification de votre valeur personnelle ne vous sera demandé.

Autres contacts

Les anciens services ministériels ne délivrent plus d’autorisations.

Pour toute initiative collective, merci de vous adresser directement aux personnes avec lesquelles vous souhaitez la réaliser.

Dernière minute

Le ministère de l’Éducation nationale annonce sa propre dissolution.

À la suite de l’application des réformes demandées par le mouvement lycéen, il apparaît que la plupart des fonctions jusqu’ici exercées par le ministère peuvent être assurées démocratiquement par les communautés éducatives elles-mêmes, dans le cadre de solidarités locales, nationales et internationales.

Les ressources, bâtiments et moyens nécessaires à l’éducation resteront garantis et seront placés sous gestion commune.

Les ancien·nes responsables ministériel·les ont été invité·es à rejoindre les activités collectives de leur choix.

Plusieurs ont demandé à bénéficier d’une formation aux pratiques démocratiques.

Des places restent disponibles.

Le ministère remercie chaleureusement les lycéen·nes qui ont rendu sa disparition possible.

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

Les comptes institutionnels seront prochainement confiés aux collectifs éducatifs autogérés.

Les plateformes commerciales pourront être remplacées par des espaces numériques coopératifs, libres et interopérables.

Le ministère tient à préciser que les communautés éducatives n’ont désormais plus besoin d’un ministre pour communiquer entre elles.